XX – LES BIJOUX
Charles Baudelaire da: Les Fleurs du Mal
La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.
Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.
Elle était donc couchée, et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
À mon amour profond et doux comme la mer
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.
Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses.
Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,
S’avançaient plus câlins que les anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal,
Où calme et solitaire elle s’était assise.
Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe!
— Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre!
XX – I GIOIELLI
Charles Baudelaire da: Les Fleurs du Mal
La mia amata era nuda e, conoscendo il mio cuore
indossava soltanto gioielli tintinnanti
dai ricchi finimenti che le donavano l’aria
vittoriosa che hanno le schiave dei Mori.
Questo mondo luccicante di metallo e di pietre
che lancia danzando un suono ironico e vivo
mi rapisce in estasi: amo sino al furore
le cose in cui il suono si mescola alla luce.
Era dunque distesa e si lasciava amare.
Dall’alto del suo divano sorrideva di gioia
al mio amore profondo e mite come il mare
che verso di lei saliva come alla sua falesia.
Gli occhi fissi su me, come tigre domata,
indolente e sognante provava diverse pose
e il candore unito alla sensualità
donava un nuovo incanto alle sue metamorfosi.
E le braccia e le gambe e le cosce e le reni,
lisce come olio sinuose come cigni,
sfilavano nei miei occhi attenti e sereni,
e il suo ventre e i suoi seni, grappoli della mia vigna,
s’avanzavano seducenti più degli Angeli del male
per turbare la quiete in cui l’anima riposava
e per costringerla a scendere dalla rocca di cristallo
dove, calma e solitaria, s’era messa a sedere.
Credevo di vedere, uniti in una sola immagine,
le anche di Antiope e il busto di un fanciullo
così tanto i suoi fianchi esaltavano il bacino.
Sulla pelle fulva e bruna l’illusione era perfetta.
— La lampada ormai era rassegnata a morire.
Il camino soltanto illuminava la stanza.
Quando emetteva un sospiro di fiamme
colorava di sangue l’ambra della sua pelle.
. . .
traduzione di: Marcello Comitini

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