Jakub Schikaneder - Poslední cesta (L'ultimo Viaggio)(ca. 1890-95)

venerdì 7 novembre 2025

Paul Verlaine








Mains
: :  Paul Verlaine  : :


Ce ne sont pas des mains d'altesse,
De beau prélat quelque peu saint,
Pourtant une délicatesse
Y laisse son galbe succinct.

Ce ne sont pas des mains d'artiste,
De poète proprement dit,
Mais quelque chose comme triste
En fait comme un groupe en petit ;

Car les mains ont leur caractère,
C'est tout un monde en mouvement
Où le pouce et l'auriculaire
Donnent les pôles de l'aimant.

Les météores de la tête
Comme les tempêtes du coeur,
Tout s'y répète et s'y reflète
Par un don logique et vainqueur.

Ce ne sont pas non plus les palmes
D'un rural ou d'un faubourien ;
Encor leurs grandes lignes calmes
Disent : " Travail qui ne doit rien. "

Elles sont maigres, longues, grises,
Phalange large, ongle carré.
Tels en ont aux vitraux d'églises
Les saints sous le rinceau doré,

Ou tels quelques vieux militaires
Déshabitués des combats
Se rappellent leurs longues guerres
Qu'ils narrent entre haut et bas.

Ce soir elles ont, ces mains sèches,
Sous leurs rares poils hérissés,
Des airs spécialement rêches,
Comme en proie à d'âpres pensers.

Le noir souci qui les agace,
Leur quasi-songe aigre les font
Faire une sinistre grimace
A leur façon, mains qu'elles sont.

J'ai peur à les voir sur la table
Préméditer là, sous mes yeux,
Quelque chose de redoutable,
D'inflexible et de furieux.

La main droite est bien à ma droite,
L'autre à ma gauche, je suis seul.
Les linges dans la chambre étroite
Prennent des aspects de linceul,

Dehors le vent hurle sans trêve,
Le soir descend insidieux...
Ah ! si ce sont des mains de rêve,
Tant mieux, - ou tant pis, - ou tant mieux !


.


Mani
: :  Paul Verlaine  : :

Non sono mani d'Altezza,
da bel prelato un po' santo.
Eppure una delicatezza
vi lascia il suo garbo succinto.

Non sono mani d'artista,
da poeta propriamente detto,
ma qualcosa vagamente triste
ne fa quasi un gruppo in miniatura;

perché le mani hanno un loro carattere,
è tutto un mondo in movimento,
dove il pollice e il mignolo
fanno i poli della calamita.

Le meteore della testa
e le tempeste del cuore,
tutto vi si ripete e si riflette
per un dono logico e vincitore.

E non sono neppure le palme
di un rurale o di uno dei sobborghi;
ancora le loro grandi linee calme
dicono: "Lavoro che nulla deve".

Sono magre, lunghe, grigie,
falange larga, unghia quadrata.
Ne hanno di simili nelle vetrate di chiesa
i santi sotto il fogliame dorato,

e certi vecchi militari
disabituati alle battaglie,
a ricordare le loro lunghe guerre
che narrano vagamente.

Stasera hanno, queste mani secche,
sotto i loro radi ispidi peli,
un'aria particolarmente ruvida,
come in preda ad aspri pensieri.

Il nero cruccio che le irrita,
il loro acre trasognare fa loro
fare una smorfia sinistra
a modo loro, da mani quali sono.

Ho paura a vederle sul tavolo
premeditare, sotto i miei occhi,
qualcosa di temibile,
d'inflessibile e furioso.

La mano destra è certo alla mia destra,
l'altra alla mia sinistra, io sono solo.
Nella mia stretta stanza le lenzuola
assumono aspetti da sudario,

fuori il vento urla senza tregua,
scende insidiosa la sera...
Ah! se sono mani di sogno,
tanto meglio, - o tanto peggio - o tanto meglio!







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